Les Egouts de Paris
16 novembre 2024
Le groupe au complet se retrouve devant la flamme du souvenir, 15 étudiants et 4 animatrices, ce samedi à 10h00 pour une visite originale et inédite : les Egouts de Paris.
Première halte avec Malik notre guide :
Longs de 2 600 kilomètres, les égouts de Paris constituent l'ensemble des conduits souterrains destinés à collecter et à évacuer les eaux de pluie ainsi que les eaux usées produites par les différentes activités humaines dans Paris.
Les premiers égouts construits, durant la période romaine, à Lutèce ont disparu. Des vestiges ont été découverts sous les thermes de Cluny lors du percement du boulevard Saint-Michel dans les années 1850.
Au Moyen-Âge on construit des rues avec gouttière centrale où tout le monde verse ses immondices.
Nous devons le réseau actuel au préfet Haussmann et à l'ingénieur Eugène Belgrand (1852) dont on peut admirer le buste dans la première salle.
Deuxième halte :
Malik nous explique que les eaux de pluie et les eaux usées se mélangeaient jusqu'à présent dans les collecteurs. Dans les nouveaux quartiers du 13ème et 17ème, elles ne se mélangent plus. On voit également que le réseau d'égouts se situe sous le trottoir, juste au-dessous des rues. Ainsi, chaque tunnel porte le nom de la rue sous lequel il se situe . Quant au métro , il est construit beaucoup plus bas !
Troisième halte :
Malik nous montre les différents types de galeries : celle dans lequel l'égoutier marche dans l'eau sale, étroite et basse. Puis plusieurs collecteurs avec des trottoirs et une canalisation plus basse avec l'eau sale. Enfin une énorme canalisation appelée émissaire qui dirige l'eau sale vers la station d'épuration.
Nous remontons une galerie "nettoyée" en imaginant la pénibilité du travail d'égoutier : rats, moustiques, cafards, araignées, odeurs, gaz explosif, urines, excréments....
Les égoûts parisiens sont largement nettoyés de leurs déchets par 3 millions de rats (consommant annuellement 292 000 tonnes de déchets).
Quatrième halte devant un écran :
Ce métier est exigeant, pénible, et expose à des risques particuliers : risque infectieux, exposition à des rejets radioactifs, a des gaz dangereux comme hydrogène sulfureux, méthane, CO2 et à d'autres facteurs de réduction de l'espérance de vie: selon une étude de 2006, publiée par l’INRS, un égoutier meurt 7 ans plus tôt qu’un ouvrier.
On observe l'équipement actuel des égoutiers, devenu obligatoire depuis 2012 : combinaison étanche, cuissardes, casque avec lampe électrique frontale, masque couvrant tout le visage, gants, détecteur de gaz, bouteille d'oxygène en cas de problème....
Le groupe suit un parcours qui longe un canal d'eaux usées. L'odeur est tenace et certains mettent un masque. Cette galerie est traversée par un canal en eaux au-dessus duquel sont présentés divers moyens de curage des égouts et présente la principale problématique des égouts : comment les curer et éviter leur ensablement.
En fin de parcours, un schéma explicite montre l'évolution de l'eau quand elle atteint l'usine d'épuration d'Achères : en une journée on passe d'une eau sale à une eau propre (mais pas potable !) qui contient encore des molécules pharmaceutiques. L'eau potable est puisée dans des nappes phréatiques de Bourgogne et passe par une usine d'assainissement avant d'arriver au robinet. L'eau propre d'Achères retourne à la Seine. Trente deux espèces de poissons (dont saumons et truites) peuvent y vivre.
Nous remercions Malik pour ses intéressantes explications.
La visite se termine à 11h30. Quel bonheur de se retrouver à l'air et au soleil de rejoindre le joli café du musée du Quai Branly pour se restaurer.
Merci à Marie-Françoise pour les photos